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 (run but you cannot hide)

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Leopold Keating

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Since : 11/10/2015
Texts : 23
Pseudo : spf, cam.
Face, © : tomlinson | scarlett glasses (av)
Years old : twenty six years old (aug 13)
Job, studdies : elementary school teacher, grade four
Love status : single as a pringle

Take me into your loving arms
▪ Relationships:
▪ Availability: (rps en cours)

MessageSujet: (run but you cannot hide)   Dim 11 Oct - 22:28


ft. louis tomlinson/@crédits.

leopold keating
painfully he changed is to was.

NOM COMPLET: Leopold Keating. Leo parfois, Leopold pour sa mère, pour les jours de colère, pour la langue acérée des cœurs amers. ÂGE, DATE ET LIEU DE NAISSANCE: vingt-six ans, né un treize août à Allendale. NATIONALITÉ ET ORIGINES: américain depuis une, deux, sept, neuf générations. JOB, ETUDES: instituteur, enseigne le fourth grade (c.e.2). STATUT MONÉTAIRE: $$. STATUT CIVIL: célibataire. Seul, horriblement seul, seul et il l'a cherché. STATUT FAMILIAL : deux sœurs d'un côté, trois de l'autre, famille recomposée et éclatée aux quatre coins du pays. TRAITS DE CARACTÈRE: perfectionniste, passionné, dynamique | obsédé par le contrôle, distant, possessif. GROUPE: Saturn.

take a heart and take a hand.
Un vieux paquet d'industrielles qui traîne au fond de son sac, un mélange de café et de tabac froid qui flotte dans l'air, de l'encre qui court sur la peau, Leo est loin du portrait de l'instit idéal qu'ont les parents de ces charmantes têtes blondes. Il en a entendu, des plaintes et des soupçons, il en a vu, des regards chargés de jugement et d'appréhension. Il n'est pas le garçon qu'on imagine façonner de jeunes esprits avec autre chose que de mauvaises idées, des projets voués à l'échec. Mais il aime les enfants, il aime leur candeur et la fraîcheur de leur esprit pas encore corrompu par les préjugés de leur époque. Il a grandi en aîné d'une famille recomposée mais soudée, fort de son rôle de grand frère pour cinq fillettes un peu perdues. Peter Pan, en quelque sorte. Leo n'a pas sa langue dans sa poche, jamais. Les années lui ont appris à se tempérer, à réfléchir avant de l'ouvrir. Pas toujours mais il essaye. Il est très fort pour encaisser, toujours. Il écoute avec ses deux oreilles, les yeux grands ouverts. Il en a pris plein la gueule pendant l'adolescence et tout était bon pour en rajouter. Sa mère, absente et volage, son père pas très fortuné, son penchant pour les joueurs de foot plus que pour le jeu lui-même et pour les jupes des filles comme pour ce qu'elles cachent. Tout, absolument tout. Il répondait avec ses poings à l'époque, cultivait les bleus avec une certaine fierté tout à fait malsaine. Il a un peu grandi, beaucoup mûri, il reste maintenant à l'écart des conflits. Il regarde les autres se déchirer avec un sourire amusé, comme si il regardait la télé. C'est peut-être son plus grand drame, ne plus se sentir concerné. La mort de son père l'a affaibli, coupé du monde. Celle de sa meilleure amie a manqué de l'achever. Il a pensé à en finir, lui aussi, à les rejoindre sous de meilleurs cieux mais il n'en a pas eu le cran. Il s'est raccroché à son sac à dos et il a fui. Les responsabilités, le chagrin, aussi. Il a eu besoin de quitter sa vie monotone pour retrouver la force de respirer sans vouloir hurler. Un étudiant en psychiatrie qui lui a offert son canapé pour quelques semaines lui a diagnostiqué une dépression sévère, il lui a dit d'aller se faire foutre. Il a refusé l'aide de sa mère, il a ignoré les coups de fil de ses oncles et tantes, il n'a répondu qu'aux lettres de ses petites sœurs durant cette période. Seule leur innocente sollicitude l'a touché après la disparition de Danielle, il n'aurait pas pu les laisser de côté. Il n'est jamais tombé amoureux, enfin, il ne se l'est jamais autorisé. Danielle trouvait ça triste, sa mère pense que c'est affligeant mais ça lui convient tout à fait. L'idée de s'abandonner émotionnellement à quelqu'un d'autre le terrifie et il ne laisse jamais personne l'approcher à ce point-là. Il se contente de soulager certains besoins naturels, parfois il subit le rituel d'un ou deux rendez-vous pour y parvenir, seulement lorsque le jeu en vaut la chandelle, mais jamais au-delà. Se confier est une tâche difficile pour Leopold. Il fait difficilement confiance et il refuse de se risquer à ça. Les gens partent et ils meurent, et après Danielle, il a décidé d'arrêter de souffrir, quitte à finir seul. Les rares personnes qu'il se laisse apprécier et aimer sont ses élèves. Quant à ses proches, ils étaient là avant. Les autres ne comptent pas. On lui répète qu'il finira par trouver quelqu'un qui le percera à jour mais Leopold préfère ne pas écouter. Après une enfance passée à subir les moqueries et divers surnoms peu glorieux de la part de ses camarades, il a décidé que les choses devaient changer. Il a passé tout un été sur son vélo, à pédaler kilomètre après kilomètre pour n'avaler que des légumes et quelques cuillerées de riz une fois chez lui. Son petit ventre rebondi a fondu comme neige au soleil et à la rentrée suivante, il était parmi les premiers qu'on choisissait au moment de constituer les équipes pour faire un foot. Leopold n'est rien sinon un garçon déterminé et il l'était déjà à neuf ans. On ne peut guère lui faire oublier une idée une fois qu'il l'a en tête. Ses demi-soeurs sont toutes bien plus jeunes que lui mais il leur accorde bien plus d'attention et d'intérêts qu'à n'importe quel autre membre de sa famille. Sa relation avec sa mère est compliquée, le divorce l'a brisé et il n'a fait aucun effort pour s'en rapprocher. Curieusement, il est bien plus proche de sa belle-mère, surtout depuis la mort de son père. Sans vouloir l'admettre, Leopold a été ému par sa fragilité au moment des funérailles et il lui a tendu une main qu'il aurait dû réserver à sa propre mère plutôt qu'à celle des jumelles. Il parvient à se sortir d'un bon nombre de situations dites merdiques sans trop d'efforts, surtout depuis son petit voyage thérapeutique à travers le pays après la mort de Danielle. Il est débrouillard et, bien que peu bavard, il sait être un beau parleur lorsque c'est nécessaire. Un caméléon, ce qui n'est pas très bien vu par certaines couches de la population. Un menteur, un escroc, un type qui fuit ses sentiments, tout ça il a pu l'entendre dans la bouche de ses partenaires, de certains amis. Il ne tique plus, il ne répond plus, il sourit simplement et il s'enfuit discrètement, parce que c'est ce qu'il fait de mieux. Avant de traverser le pays, il ne savait pas cuisiner. Il aurait pu mettre le feu à son appartement si il avait essayé (ça a failli arriver, une fois et il ne doit son salut qu'à l'un de ses voisins, pompier volontaire à ses heures perdues). Il a appris à se débrouiller, ce n'est pas de la grande cuisine et il lui arrive encore de rater des oeufs brouillés mais c'est un début. Il passe peut-être certaines soirées à lire des recettes et à regarder Masterchef, mais personne n'a de preuve alors tout va bien. En rentrant à Allendale, il a décidé d'adopter un chien mais il s'est avéré que c'était de trop grandes responsabilités. L'engagement, même envers un animal, Leopold n'en est pas capable. Il s'est contenté de recueillir un chat aussi odieux qu'indépendant. Presque comme lui, quand on y pense. La bête (le chat n'a pas de nom, quoi qu'à force d'entendre Leopold grogner goddamn en sa présence, il doit probablement penser que c'est son nom) passe parfois quelques jours dehors mais il retrouve bien vite le chemin de la maison, ce qui ravit secrètement Leopold. Vivre seul n'est pas facile tous les jours, ce n'est pa non plus ce qu'il voulait en s'installant de nouveau dans la ville qui l'a vu grandir mais la vie en a décidé autrement. Il jure beaucoup, si bien qu'on aurait du mal à l'imaginer instituteur en le croisant dans la rue ou dans ce petit café où il a ses habitudes. Il se parle à lui-même aussi, souvent, et sa voisine de palier est convaincue qu'il est fou à lier après l'avoir entendu dans les escaliers se plaindre à haute voix de sa première journée sans personne d'autre dans les environs. Chaque samedi après-midi, il rend visite à son père, puis à Danielle. Toujours avec des fleurs, jamais avec des larmes. Il a décidé de coacher l'équipe de soccer de l'école. C'est une équipe encore mixte, encore inexpérimentée et un peu mauvaise, aussi, mais il ne reviendrait sur sa décision pour rien au monde. Il a la fâcheuse tendance de ne pas répondre aux sms et d'ignorer les coups de téléphone qu'on lui passe. Parfois il se dit qu'il y répondra plus tard (il le fait rarement), parfois il décide simplement de ne pas y faire attention (il le fait souvent).  

PSEUDO, PRENOM: Camille. ÂGE, PAYS: feeling twenty two (have been for the past three years). CONNEXION: tard, souvent. AVIS SUR LE FORUM:  --: mes vieux yeux apprécient les tons clairs et votre design est à tomber. TYPE DE PERSONNAGE: inventé, scénario ou pré-lien. AUTRE: écrire ici.

_________________
I'm like a rubber band until you pull too hard, yeah, I may snap and I move fast but you won't see me fall apart because I got an elastic heart


Dernière édition par Leopold Keating le Jeu 15 Oct - 2:43, édité 10 fois
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Leopold Keating

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MessageSujet: Re: (run but you cannot hide)   Dim 11 Oct - 22:28

like an ocean takes the dirty sand.
Burn out. Un mot intéressant, encore vide de sens il y a quelques années en arrière. Un mot qui veut tout dire et ne rien dire à la fois. Un mot qu'on moque, un mot qu'on craint. Un putain de mot qu'on a collé sur le front de Leopold sans qu'il le sache. Il a compris, bien sûr qu'il a compris. Il a compris face aux regards plein de compassion, devant les paroles débordantes de bons sentiments de ses collègues. Il a compris au bout d'une heure, même pas. Il a compris et sa langue s'est noyée sous la bile.

(...)

08/12/2004, allendale - 11:02 pm
leopold's 15th birthday ; h -1
La soeur de quelqu'un fait office de messie, changeant les sodas en bières bon marché. Une bouteille circule, vodka ou peut-être tequila, allez savoir. Leopold n'y touchera pas, pas encore, il est trop jeune et son père est trop perspicace. Il comprendrait sitôt la porte passée, il sentirait les effluves musquées, restes de sa soirée, sur ses vêtements et dans son haleine. Il va avoir quinze ans, il aimerait éviter de passer les trois prochaines années puni, comme un gamin. Il compte rester sage, il va en rester à quelques bières puis il descendra le paquet de chewing-gums qu'a apporté Danielle. Elle l'a abandonnée pour se perdre dans la masse de corps qui ondulent au son d'une chanson pop un peu trop édulcorée. Ses boucles décolorées ne sont pas dans son champ de vision, et il n'a pas envie de la chercher. Il est bien là, calé contre un mur plus qu'accueillant. C'est pas comme ça qu'il s'est imaginé son quinzième anniversaire, ni sa première fête d'ailleurs. Sa mère passe son temps à lui répéter qu'on ne fait pas ce qu'on veut dans la vie, elle a certainement raison. Sauf que c'est l'exception, elle, avec ses envies de liberté et ses besoins de prendre l'air. Elle pense pas à lui, ni à son père alors il ne lui fera pas le plaisir de penser à elle la nuit de ses quinze ans. Au lieu de ça, il se détache du mur et avec l'aplomb que confère la détermination, il avale d'une traite les gorgées restants de bière. Ce n'est pas très bon mais il sait déjà que d'ici quelques minutes, il sentira de nouveau le picotement agiter ses doigts et le coton recouvrir les parois de sa tête.

Quand Danielle le retrouve, elle a le regard délicieusement brillant et son sourire éblouirait un malvoyant. « There you are, birthday boy » crie-t-elle pour le saluer et sa voix chaude recouvre un instant la musique. Elle éclate de rire, dévoile une gorge qui attire les regards mais c'est lui qu'elle attire à elle. Ils sont jeunes, ils sont insouciants et un peu ivres, et si ils s'embrassent sur la piste de danse improvisée dans le salon d'un inconnu, ce n'est pas un drame. On ne fait pas ce qu'on veut dans la vie mais pour un temps, ils peuvent encore prétendre que si. Dans cinq, dix, quinze ans, ils n'auront plus le choix, ils seront peut-être mariés, parents et la seule issue finira par être la fuite. Comme sa mère. Mais pas maintenant.


(...)

02/14/2007, allendale - 10:27 pm
valentine's day with the gang
On fête l'amour un peu partout dans le monde, à grands renforts de fleurs, de chocolats et de soirées romantiques. Leopold a troqué le dîner aux chandelles avec sa saveur du mois (comme les appelle Danielle) pour des pizzas entre potes, noyées sous la bière et les rires. Ils se voient tous les jours, certains sont en couple, ils n'ont aucune raison de réunir ce soir-là. « Time to celebrate love and we love each other, losers » a expliqué Danielle, une semaine plus tôt. C'était prévu d'avance mais il n'a prévenu Bart que la veille, en quelques mots brefs, dénués de tendresse. Bart est un mec chouette, l'un des rares homos à assumer pleinement et ils sont encore moins nombreux, ceux qui respectent sa bisexualité. C'est encore tabou, c'est un concept qui échappe à tant de monde, il devrait s'estimer heureux d'avoir trouver Bart mais il manque quelque chose. Ils s'embrassent avec tendresse, presque avec politesse, pas avec ferveur et ils ne s'enivrent pas de l'obscène et régulier clap, clap, clap des corps qui se rencontrent, des hanches qui s'accordent sur un rythme fiévreux. Bart est poli, Bart est gentleman, Bart agace un peu Leopold avec ses bonnes manières et son grand cœur, alors il n'a eu aucun scrupule à le laisse tomber pour la Saint-Valentin. Sa mère a tiqué quand il le lui a dit, ce matin au téléphone. Sa voix a sifflé en tssk désapprobateur mais il y a maintenant trois ans qu'il se passe de son avis en matière de relations amoureuses. En matière de relations, tout court. Ils se voient encore, parfois. Elle a eu une fille il y a deux ans, elle est à nouveau enceinte. C'est pour ça qu'elle a appelé, pour le lui annoncer et il a immédiatement imaginé Bart le Brave, Bart le Bon le féliciter avec un grand sourire et une joyeux pipe dans les toilettes du restaurant miteux (un fast-food, sans doute) où il l'aurait amené si il n'y avait pas eu Danielle et ses idées folles. Il est heureux d'être tombé sur elle, au jardin d'enfants, et de lui avoir interdit de trop s'éloigner. Sans elle, il serait obligé de feindre le bonheur d'avoir une grande et belle famille. Il n'en veut pas, de cette famille. Les enfants de ses parents n'ont rien demandé, les pauvres petites, et elles sont plutôt mignonnes (son père a eu des jumelles peu de temps après la nouvelle grossesse de sa mère, la coïncidence qu'on invente pas), il les aime bien. C'est à ses parents qu'il en veut, c'est après eux qu'il en a. Ils ont détruit quinze années de sa vie en quelques rendez-vous avec leurs avocats et une signature. On a partagé les biens, séparés les fonds acquis mais on l'a laissé là, en plan.

Danielle est allongée sur le canapé à côté de lui, les mollets gracieusement croisés sur ses cuisses. Il l'observe par-dessus son verre de vodka, la frange en bataille et les joues rougies par le shit qui alourdit l'air. Elle est dans le même état que lui, décoiffée, débraillée et belle, tellement belle. Elle sourit lentement tout en tirant sur le joint avec la maîtrise des années. « I really love you, y'know. All of you. So fuckin' much » susurre-t-il et comme pour insister sur ce fait, il pose une main sur son genou. Ses sourcils savamment épilés disparaissent sous sa frange très droite, très sombre mais elle a compris ce qu'il voulait dire, elle ne sait juste pas d'où vient cette déclaration. Elle n'a pas besoin de savoir mais il le lui dira sans doute plus tard, lorsqu'ils seront seuls, dans le refuge de sa chambre d'adolescente. Alors là (et seulement là) il s'autorisera les larmes qui menacent d'envahir ses joues parfois mais pour le moment, pas de chagrin, pas d'effusion. Il est avec sa famille, la vraie, celle qu'il a choisi.


(...)

Quand il y réfléchit (et il a eu du temps pour ce faire), il réalise que c'est à partir de ce moment-là que son existence a commencé à déraper. Pas ce moment précis, pas cette Saint-Valentin, simplement cette époque. Ses dix-huit ans, ses premiers émois, ses premières pulsions, ses premières frayeurs. Il se souvient de la terreur absolue qui a secoué chacune de ses cellules le jour où Bart le Pas Si Fiable lui a confié que le préservatif s'était peut-êtreprobablementsansdoute rompu la semaine passée. Il n'a pas cessé d'avoir peur depuis.

(...)

05/23/2009, allendale - 04:37 pm
last exam of the semester ; h +1
« What d'ya mean, I have to be there? I don't, fucking hell Kate, I can't, I don't understand, fucking slow down, ok? » L'étreint le fait transpirer, son tee-shirt lui colle à la peau et les battements de son coeur sont assourdissants. L'examinateur encore dans la salle peut certainement l'entendre alors qu'il s'éloigne au pas de course, en direction de sa voiture. « Something happened » répéte-t-il après sa belle-mère qui est en pleine crise de nerfs. « What happened, what, tell me Kate, for fuck's sake » Elle ne fait pas attention à sa grossièreté, c'est une première et ce n'est pas pour le rassurer. « Dad, it's Dad, isn't it? » Il ne veut pas qu'elle réponde mais il faut qu'il sache, il faut qu'il l'entende. « It's his heart, he, he was, he did, I, he's gone Leo, gone » La voix de Kate se brise et Leopold perd l'équilibre. La voiture est là, heureusement mais le monde s'ouvre sous ses pieds, le ciel s'écrase sur ses épaules. Son père. Son père est ? Son père est mort. Son sac glisse de son épaule, ses feuilles de brouillon s'envolent, couvertes de réponses qui n'ont plus aucune importance et il s'affale brutalement sur le sol sans sentir la dureté du béton sous ses fesses. Il ne sent rien, si ce n'est son cœur qu'on déchire. Comment est-ce possible ? Ce matin encore, il prenait son café avec son paternel entre deux résultats de foot et un verre de jus d'orange. Il entend encore un de ses énièmes sous-entendus concernant Danielle, preuve flagrante de son déni concernant le coming out de son aîné. Son père lui a promis de l'emmener dîner cette semaine pour célébrer la fin des examens, ils vont encore allés chez Lenny's, c'est certain, c'est là qu'ils vont à chaque fois. Sauf qu'ils n'iront pas chez Lenny's cette fois, ils n'iront plus chez Lenny. Son père ne lui demandera plus quand il se décidera à inviter Dani à sortir et il ne lira plus les résultats du foot dans le journal le matin. Il ne le fera plus parce qu'il est mort et Leopold a l'impression de mourir avec lui.

(...)

08/16/2012, charleston - 08:24 pm
an awful date with a chatty girl
Pourquoi son colocataire a-t-il cru bon de lui organiser cette blind date, ça dépasse Leopold et il vient de passer les vingt dernières minutes à se le demander. Cette fille est charmante, jolie si on aime les visages irréguliers et les grands yeux globuleux, sa voix n'est pas désagréable de prime abord mais c'est le seul son qui lui parvient depuis qu'il a pris place dans ce petit restaurant que son portefeuille d'étudiant est à peine capable de supporter. Ses oreilles vont se mettre à saigner d'un moment à l'autre et ils n'ont même pas encore goûté le plat principal. C'est assez. « Listen babe » l'interrompt-il alors qu'elle s'engage dans une description détaillée de son dernier examen de géopolitique subsaharienne (sujet qu'il n'aborderait jamais en temps normal et qui ne l'intéresse en aucun cas). « You and I both know how this is gonna end. You on your back, begging for release. Or gagging for it, if you're on your knees with my dick in that pretty little mouth of yours. Whatever you prefer, I don't mind. So I'd say, let's cut the chase and go back to yours, ok? » Elle le regarde avec des yeux si écarquillés qu'il craint une seconde qu'ils ne sautent de leurs orbites. Deux options ici : soit elle est suffisamment intelligente (et honnête, surtout) et reconnaît que c'est effectivement ce qui va se passer, ils paient rapidement une addition largement diminuée, vont jusqu'à chez elle et concluent cette affaire, soit elle est l'une de ces prudes hautaines que Peter, son colocataire, aime tant et elle  verse le contenu de son verre (du vin, rouge et assez mauvais d'ailleurs) sur la tête de Leopold. Deux options, c'est très simple.

(Elle choisit la première et ce n'est que lorsqu'elle s'égosille en tâchant d'atteindre l'orgasme que Leopold comprend pourquoi il a eu rendez-vous avec elle. Peter l'a très certainement déjà sauté et Peter s'estime trop bien pour sortir avec des filles qui écartent les cuisses le premier soir, ce sale petit bâtard misogyne).


(...)

01/01/2013, charleston - 01:06 am
some lame new year eve's party
Il s'éloigne un peu de la clameur et des corps qui s'échauffent dans un rythme langoureux pour écouter le message que Danielle lui a laissé. Une fois n'est pas coutume, il n'est pas rentré à Allendale pour les fêtes de fin d'année. Rien ne l'attend là-bas, sa mère a refait sa vie, son père est mort, ses sœurs n'ont pas besoin de lui et il est adulte. Et si il a passé Noël en tête-à-tête avec une bouteille de Jack Daniels, personne n'a besoin de le savoir, ça ne l'a pas empêché d'être invité à trois ou quatre fêtes différentes pour le Nouvel An. Il n'a pas de vie de famille mais sa vie sociale ferait des jaloux, alors ça va. C'est avec un sourire qu'il compose le numéro de sa messagerie vocale et après quelques secondes et l'annonce bien connue d'une voix métallique, il entend finalement Danielle qui hurle presque par-dessus une chanson vaguement ringarde. « L-e-o-pooold, babe you're not here but- ow, dude, I told you not to hook up in my fucking bedroom, take that douche and his dick out of here » grogne-t-elle, probablement à l'un de leurs amis. « Sorry, that was Bart. He was blowing a guy, in my bedroom, can you believe it? Seriously. Oops, was that rude ? You know, since you guys had a thing back in high school but we're grown ups now so it probably didn't matter and besides you never really loved him, did you? That's so sad Leo, you need to be in love, with someone else I mean and with yourself too, you need to- anywaaaay, you're not here which, you know, sucks because I love you and we're meant to be, babe. You should be here bu noooo you'd rather stay be in Charleston with your stupid uni friends. Without me. And I'm better than your stupid uni friends- BART GET THE FUCK OUT OF HERE, YOU'RE IN MY ROOM AGAIN. Ugh that guy, I swear » Elle tousse un peu, reprend sa respiration et Leopold sourit toujours, pendu au téléphone avec un étrange sentiment de nostalgie. Danielle la Bavarde lui manque. Il ne déteste pas le silence, il aime ça en fait mais elle sait lui faire apprécier son bavardage incessant. Il y a toujours une histoire, des potins qui lui viennent et elle a le don de captiver son audience. « So here's the thing: I love you, I miss you and I hope you miss me. I also hope you did kiss somebody at midnight 'cause that's what people do and even if you're still into this "I'm not doing what people do because I'm better than 'em" thing, you should kiss. Like, other people. Not only at midnight. You need loooove, Leo and you better get it. Or get laid, whatever. Take care and come back some time, ok? I love you, HAPPY NEW YEAR BABE! » La tonalité clique dans son oreille puis la voix métallique, impersonnel du répondeur se fait entendre à nouveau. Sa petite bulle de tendresse éclate, Danielle a disparu. Il soupire, agacé par tant de sentimentalité et il tire son paquet de cigarettes de sa poche. L'année va être longue, il le sent. Ce sont ses derniers mois à l'université, avant qu'une bande de marmots haut comme trois pommes ne l'appellent monsieur. La fin d'une époque, le début d'autre chose. Il a hâte parce que peut-être bien qu'il se sentira moins seul, dans cette nouvelle vie. (...)

(...)

Ce urgent besoin de rentrer si soudain, il aurait dû l'écouter. Ca aurait arrangé les choses, ça lui aurait accordé plus de temps, il n'en sait rien mais si c'était à refaire, il n'hésiterait pas. Il se ruinerait pour un billet d'avion, un billet de train, même un taxi. Il rentrerait en stop, en vélo, en rampant. Il rentrerait et retrouverait les siens avant qu'il ne soit trop tard.

(...)

03/30/2015, allendale – 11:08 am
last day of class for the week
Les crayons grattent sans harmonie sur le papier, les nez sont presque collés au feuille. Au premier rang, Amy tire la langue de concentration, Ulrich fronce les sourcils de frustration et Linda paraît inspirée. Leopold s'est installé à son bureau, feignant d'être intéressé par le livre ouvert sous ses yeux mais il ne peut pas s'empêcher de les regarder. Ils sont sa première vraie classe à lui, le premier groupe à le regarder avec un mélange de respect et de crainte. Il n'est plus un stagiaire, il est professeur, pour de vrai. C'est tout ce qu'il a toujours voulu. A l'âge où les enfants veulent devenir pompier, infirmière ou héros de guerre, lui, il voulait être à la place de l'institutrice et il a réussi. Ses efforts ont payé, ses longues soirées de révisions en solitaire ont porté leurs fruits. Il est passé à un cheveu de manquer sa bourse pour l'université mais la chance lui a souri, pour une fois et il a réussi. Il est même parvenu à obtenir le poste qu'il voulait, ici, à Allendale, chez lui. Un miracle pour certains mais il l'a mérité. « Leopold? » Le directeur passe la tête dans l'entrebâillement de la porte qu'il a ouverte et l'expression qu'il affiche ne peut rien annoncer de bon. Intrigué plus qu'affolé pour le moment, Leopold se lève et il le rejoint, désireux de ne pas déranger ses élèves. Quelques uns ont levé les yeux, alerté mais il les rassure d'un sourire. « There's a call for you, in my office. Go, I can watch your class for the rest of the test » dit-il tout bas et l'intéressé hoche la tête. Peu importe de quoi il s'agit, c'est important et on ne dit pas non à son supérieur hiérarchique.

Plus il avance vers le bureau, plus son cœur s'excite. C'est grave, c'est forcément grave ou on ne l'aurait pas appelé sur son lieu de travail. Sa gorge est nouée lorsqu'il prend le combiné en main et il le serre si fort que les jointures de ses doigts blanchissent. « Leopold Keating? Hi, I'm Alice, I work at Allendale Hospital, I'm a nurse. Sir, do you know a Danielle Irving? You're her emergency contact and... » Le reste se perd contre ses tympans, atteint son cerveau avec une lenteur désespérante. Un accident, Danielle, complications. Il hoche la tête sans réaliser que son interlocutrice (qui fait ça tous les jours, à en juger par la facilité avec laquelle elle délivre les informations) ne le voit pas. Il l'entend à peine, perturbé par le bourdonnement de son rythme cardiaque qui s'intensifie avec les secondes qui s'écoulent. Danielle.


(...)

Encore aujourd'hui, il ignore comment il est parvenu jusqu'à l'hôpital. A-t-il conduit, aveuglé par la détresse, a-t-il pris le bus et payé sans le voir le chauffeur de bus désabusé par tant d'années de service ? Il n'en sait rien, il ne veut pas savoir. Les quelques mois qui viennent de s'écouler n'ont eu qu'un seul but : oublier cette horrible journée. Oublier la mort de Danielle, oublier l'image de son corps frêle sur ce lit d'hôpital, oublier cette odeur aseptisée qui empeste les derniers souvenirs qu'il a d'elle. Oublier.

Après l'enterrement et les larmes qu'il a laissé coulé dans le cou de madame Irving, il a pris un sac, quelques affaires et il est parti. Il n'a rien dit à qui que ce soit, pas même à sa mère, à peine au directeur de l'école. Il a pensé un peu à ses élèves, à Melinda et ses problèmes de lecture, Dave et son angoisse chronique de l'échec, et aux autres, à ces gamins qu'il adore, à leur insouciance insoutenable ces derniers temps. Il est parti sans se retourner, déterminé à oublier.


(...)

01/01/2015, allendale – 08:03 am
first day of the year ; h-1
Les regards que lui jettent ses collègues en salle des professeurs sont lourds, chargés d'une compassion dont il ne veut pas. Alors il leur a tourné le dos, s'est décidé à prendre une quatrième café alors qu'il est à peine huit heures. La caféine n'aide pas sa nature nerveuse mais tant pis, il fera avec. « First day, he? » lui lance une voix masculine, à sa droite. Leopold lève le nez, juste une seconde, pour rencontrer une paire d'yeux curieux et pétillants. Inconnus, aussi. « It's gonna be fine though, they're just kids you know? » continue l'autre type (c'est la première fois qu'on lui offre tant de mots depuis qu'il est rentré, c'est agréable), de toute évidence convaincu que Leopold vient d'être engagé. C'est son cas, aussi, sinon il l'aurait reconnu. Il a manqué les derniers mois de classe mais il ne se souvient pas de ce visage-là (le Leopold de l'année passée l'aurait gardé en mémoire, parce que ce n'est pas un visage qu'on peut oublier). Il se redresse à nouveau pour le regarder, malgré lui, et la cafetière dévie de sa trajectoire pour verser sa chaleur sur sa main. « Fucking hell » grogne-t-il en secouant ses doigts meurtris. L'autre rit et c'est si franc, si honnête qu'il n'a sans doute pas réussi à se contenir. « Gotta watch that mouth around the kids, mate » lui glisse-t-il malicieusement. Connard. « I know how to do my job, mate » répond Leopold et il insiste sur le dernier mot. Pour qui se prend cet énergumène, avec son rire idiot et sa gentillesse déplacée ? Ils ne connaissent pas mais Leopold a déjà décidé qu'il ne l'aimerait pas (même si il aimerait probablement utiliser cette bouche élégante à des fins totalement obscènes).

(...)

Ce n'est pas si mal. Le retour à la normale est difficile, ses proches sont attentifs au moindre de ses mouvements. Tout le monde craint qu'il ne faiblisse à nouveau, qu'il ne s'écroule sous le chagrin. Il a encaissé, digéré la tristesse. La mort de Dani l'a secoué, bien sûr, mais il est prêt à repartir du bon pied. A essayer, du moins.

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Dernière édition par Leopold Keating le Jeu 15 Oct - 2:08, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: (run but you cannot hide)   Dim 11 Oct - 22:31

j'aime déjà ton monsieur, du coup si tu recherches des liens hésite pas What a Face bienvenuuuue en tout cas I love you

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MessageSujet: Re: (run but you cannot hide)   Lun 12 Oct - 16:50

merci I love you je t'envoie un mp si je pense à quelque chose, ca me vient généralement après la fiche ceci dit haha: mais merci !

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MessageSujet: Re: (run but you cannot hide)   Jeu 15 Oct - 15:53

J'ai adoré faire la lecture de ta fiche, et je te valide sans problème.
Bon jeu ! lovelove:

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MessageSujet: Re: (run but you cannot hide)   Jeu 15 Oct - 15:55

merci beaucoup I love you

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